mardi 11 juillet 2017

jeudi 6 juillet 2017

La SNCF, collaboratrice de l’Etat Policier !

A l'occasion du G20, la SNCF demande à ses agents de dénoncer à la police les militants qui se rendent aux manifestations de Hambourg.

Communiqué sur le site de Sud-Rail

lundi 3 juillet 2017

Le congé sabbatique


Plusieurs salarié-e-s de TMI ont dernièrement fait valoir leur droit au congé sabbatique. Ce droit n’étant pas très connu, vous trouverez ici les informations pour en profiter.

Pourquoi ?
Le congé sabbatique est une pause dans la carrière professionnelle qui permet de s'investir dans un projet, de voyager, d'apprendre, d'écrire, de s’entraîner, d'expérimenter. Il permet de sortir de la « course » quotidienne pour passer du temps avec ses proches, ses enfants, ses ami-e-s. Il permet de revoir son rapport à l'argent, arrêter l'accumulation, expérimenter la décroissance, se focaliser sur l'essentiel, reprendre la maîtrise de son temps pour ne plus perdre sa vie à la gagner.

Qui peut partir en congé sabbatique ?
Le congé est accessible à tout salarié-e :
  • Justifiant d’au moins 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise,
  • ayant au moins six ans d’activité professionnelle,
  • n'ayant pas bénéficié, dans l’entreprise, dans les six années précédentes, d’un autre congé d'au moins six mois (sabbatique, création d'entreprise ou Congé Individuel de Formation).
L’ancienneté de 36 mois n’a pas besoin d’être continue mais elle doit être atteinte à la date du départ.

Pendant combien de temps ?
Le congé sabbatique ne dure pas une année mais entre 6 et 11 mois. La durée et la date de début sont à préciser dans le courrier d’information qui est remis à l’employeur, en main propre ou en recommandé, au moins trois mois avant la date de départ.

Est-ce qu'il peut être refusé?
Le congé sabbatique est un droit, il n'est pas soumis à l'autorisation de l'employeur mais si vous ne respectez pas les conditions d'ancienneté ou le délai de préavis, le départ pourra être refusé ou reporté.
Comme nous travaillons dans une entreprise de plus de 300 salarié-e-s, un employeur averti par courrier au moins 3 mois avant la date de départ ne peut pas refuser le congé sabbatique mais il peut le reporter de 3 mois. Vous aurez compris qu'en avertissant l'employeur au moins six mois avant, il n'y a plus de report possible...
La loi permet cependant à l’employeur de limiter le nombre de salarié-e en congé de longue durée (sabbatique ou création d’entreprise) au même moment à 2% maximum de l’effectif. A TMI, l’effectif permet donc l’absence conjointe d’au moins 10 salarié-e-s. Si ce seuil est atteint, une demande de congé sabbatique pourra être reporté jusqu’à la date de fin d’un des congés en cours.

Est-ce que l’absence est rémunérée ?
Non, pendant le congé, le contrat de travail est suspendu, Thales ne verse aucun salaire. Mais rien n’interdit à un-e salarié-e en congé sabbatique de travailler pour une autre entreprise ou pour lui/elle-même sous réserve de respecter l’obligation de loyauté. Pour faire face à cette absence de revenu, le-la salarié-e peut aussi mettre des congés payés de côté pendant six ans : les congés concernés sont la 5ème semaine de congé payé, les congés d’ancienneté et à priori tous les congés exceptionnels (congés de fractionnement, congé malin, congé exceptionnel d’ancienneté, congé handicap ou enfant handicapé, etc.). Comme il est difficile de prévoir un départ plusieurs années avant, un-e salarié-e peut mettre des jours de congé de côté et finalement renoncer au congé sabbatique. Dans ce cas, les jours sont réintégrés dans le compteur à raison d’une semaine par an jusqu’au solde.
Les congés « épargnés » sont alors versés sous la forme d'une indemnité lors du départ. Un accord Compte Épargne Temps peut améliorer ces conditions.

Quelles en sont les conséquences ?
Toute la durée du congé, le salaire n’est plus versé, ce qui peut entraîner des conséquences sur les congés payés futurs, les jours RTT, l’intéressement, la participation, les augmentations, les primes éventuellement négociés lors des NAO, les cotisations retraite, etc.
Le congé sabbatique ne donne pas droit aux allocations chômage ou au RSA mais l’assurance maladie est maintenue pendant toute la durée du congé. En cas d'arrêt maladie, le-la salarié-e en congé bénéficie de l'indemnité journalière de la sécurité sociale. En cas de licenciement, les indemnités seront calculées en neutralisant le congé sabbatique.
Le congé sabbatique n’est pas incompatible avec les allocations logement et la prime d’activité.
Lorsque le congé n’est pas travaillé, il est conseillé de couper l’année en deux en planifiant le départ en milieu l’année. Cela permet de scinder l’année fiscale mais surtout, cela augmente les chances de cotiser quatre trimestres de retraite chaque année : pour valider quatre trimestres de 2016, il faut un revenu d’au moins 5802€.

Et pour la mutuelle HUMANIS ?
Dans la notice frais de santé, la suspension du contrat en cas de congé de longue durée est prévue mais il y a une solution pour maintenir la couverture. Cette solution est décrite dans la Notice SANTE Périphérique IMP2102 04 - 03 2016. Le tarif est calculé de la même manière que pour les salarié-e-s en activité (3,52% du salaire de base mensuel + 2,74% sur la partie du salaire au-delà du PMSS-3218€ en 2016) mais l’employeur ne prend plus en charge la part employeur (55% pour les ouvriers et 50% pour les salarié-e-s qui cotisent à l’AGIRC). Attention, comme l’application de cette couverture Humanis pendant le congé sabbatique est facultative, pour en bénéficier, il faut la demander.
Pour un salaire de base de 1950€ comptez environ 120€ pour chaque mois de congé. De cette règle vous comprenez que vous payerez un mois de plus de cotisation si vous décider de partir en congé en cours de mois.

Comment se passe le retour ?
A l’issu du congé, le-la salarié-e retrouve son emploi précédent ou un emploi équivalent assortie d’une rémunération équivalente à celle qu’il/elle percevait au moment du départ. L’employeur n’a aucune obligation de reprendre le-la salarié-e avant la fin annoncée du congé. La loi prévoit un entretien avec l’employeur ou son représentant afin de préparer la poursuite de la carrière.

Est-ce que les mandats de représentant-e du personnel sont suspendus pendant le congé sabbatique ?
Non, comme les congés maladie ou parentaux, le congé sabbatique ne suspend pas les mandats de représentant-e du personnel. Les salarié-e-s titulaires d’un mandat peuvent s’ils/elles le souhaitent continuer à l’exercer pendant le congé sabbatique. Le temps passé en réunion et en délégation est donc indemnisé sur la base du salaire.

J'aimerais bien, mais j'peux point !
Pour estimer votre besoin, faites la somme des dépenses quotidiennes essentielles sachant que le fait d'avoir du temps permet aussi de payer moins. Bien sûr, on est plus tranquille avec un peu d'épargne ou un-e conjoint-e qui a des revenus mais n'oubliez pas que vous allez pouvoir bénéficier des congés payés cotisés, d'une partie du 13ème mois et de tout ou partie des primes exceptionnelles, d'intéressement ou de participation aux bénéfices. Bref, un congé sabbatique de 6 mois peut être financé par moins de 6 mois de salaire.

Et si vous n’avez que 24 mois d’ancienneté, si vous avez besoin de plus de 11 mois, si vous voulez partir dans deux mois, contactez nous, il existe d'autres congés possibles.

mercredi 28 juin 2017

Les patrons Vitréens ont des idées rétrogrades

Nous avons lu avec attention l'article paru dans les pages Bretagne du Ouest-France du 28 juin 2017 qui fait l'inventaire des idées de réforme des patrons Vitréens.

Article Ouest France du 28 juin 2017 page Bretagne.

En tant qu'organisation syndicale, la CNT défend, à Thales Microelectronics Etrelles et ailleurs, les intérêts des salariés et son rôle est de dénoncer ceux qui œuvrent contre le progrès social.

Les « idées » cités dans l'article encourage la flexibilité contrainte, la mobilité contrainte, la réduction de la protection sociale et le retour à des métiers sans autonomie ni perspective d'évolution. Pourquoi ces patrons Vitréens sont-ils incapables d'imaginer le monde du travail autrement qu'en retirant aux salariés des droits si chèrement acquis ?

Dans l'industrie française, l'implication des salarié-e-s a fait de chaque heure de travail une des plus productives du monde. C'est le principal résultat de la loi sur les 35h et ces patrons Vitréens voudraient maintenant maintenir cette productivité sans en payer les contreparties, sans embaucher lors les pointes d'activités ?

Leurs idées sur les indemnités chômages sont rétrogrades. Les 3 500 000 chômeurs et chômeuses actuel-le-s sont privé-e-s d'emploi parce que les entreprises préfèrent rémunérer à ne rien faire leurs actionnaires plutôt que d'embaucher.

Derrière l'idée des référendums, ce n'est pas le développement de la démocratie en entreprise que souhaitent les patrons. Le but réel de ces référendums, c'est de contourner l'opposition des organisations syndicales, actrices majeures du progrès social depuis 150 ans.

Enfin, derrière « l'intelligence des mains » nous savons que les patrons pensent à des emplois subalternes, sans autonomie, sans avenir, des emplois dont la principale caractéristique est de ne pas encore pouvoir être réalisés par une machine.

Aucune de ces « idées » ne vont dans le sens de l'intérêt général. Nous appelons les travailleurs et travailleuses du pays de Vitré à se mobiliser pour combattre toute volonté de réforme allant contre le progrès social.


lundi 26 juin 2017

Rapport d'Amnesty International sur la situation de la France

Un rapport d'Amnesty international pointe du doigt les restrictions du droit de manifester mis en place sous l'état d'urgence pour empêcher la contestation sociale :

https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/droit-de-manifester-en-france

La machine de guerre anti-sociale est En Marche ! EN MARCHE SUR LE CODE DU TRAVAIL !

La machine de guerre anti-sociale est En Marche !

En marche sur le code du travail !
Emmanuel Macron nous l’a annoncé : il ne veut pas perdre de temps pour sa nouvelle réforme du droit du travail. En ardent défenseur du capitalisme et du patronat, lui et son gouvernement cogitent actuellement à plein régime sur la façon de faire passer sa réforme du Code du travail par voie d’ordonnances avant la fin de l’été.

« Dialogue social » oblige, la mascarade de la consultation des « partenaires sociaux » s’enchaîne au pas de charge avant de passer rapidement aux choses sérieuses. Mais l’orientation est déjà fixée : il s’agit tout simplement de donner au patronat le pouvoir de faire le droit en s’affranchissant une bonne fois pour toutes du « principe de faveur » qui a été au cœur de la construction historique du droit du travail en France.



Quelles sont les grandes lignes du projet de cette nouvelle « loi travail puissance 10 » ?

Une inversion totale de la hiérarchie des normes
Tout d’abord, Macron a promis de mettre fin aux 35h. Avec toutes les possibilités d’aménagement du temps de travail qui se sont empilées avec le temps, à quoi s’ajoute la possibilité de baisser le taux de majoration des heures supplémentaires par accord, les 35h étaient déjà bien mal en point. Macron veut leur donner le coup de grâce.

Sur ce sujet emblématique, comme sur le reste, l’idée est de poursuivre la dérégulation en renvoyant à la négociation d’entreprise le soin de fixer la norme en droit du travail. Car l’idée générale est d’achever l’inversion de la hiérarchie des normes – en donnant la primauté aux accords d’entreprise par rapport aux conventions de branche et à la loi – en la généralisant au-delà du seul sujet du temps de travail. C’était déjà le projet de la loi travail mais la durée de base du travail restait encore fixée par la loi. De plus certains sujets demeuraient uniquement négociables au niveau de la branche (comme les grilles de minima salariaux) sans possibilités de dérogation dans un sens défavorable au niveau de l’entreprise. Aujourd’hui tout doit disparaître !

Pour être sûr que cette dérégulation soit effective, Macron prévoit de contourner le monopole syndical sur la négociation collective en étendant la possibilité d’organiser des référendums d’entreprise. Là où la loi travail donnait la possibilité à un syndicat minoritaire d’initier un référendum, Macron veut pousser la logique au bout en donnant cette possibilité aux employeurs.

On imagine déjà le chantage à l’emploi qui jouera à plein au niveau de l’entreprise pour faire passer toutes les régressions à coups de référendums successifs.

Le référendum d’entreprise est un leurre de démocratie. Les salarié.es seront placé.es devant un choix individuel, alors que la défense des intérêts des travailleur.euses ne peut véritablement se faire que collectivement. Dans ce sens, passer outre les représentant.es du collectif des travailleur.euses pour demander l’avis individuel de chaque travailleur.euse, c’est faire croire à la fiction d’une relation égale entre un.e travailleur.euse et un patron.
Ce projet est ni plus ni moins, que l’aboutissement du déjà ancien projet patronal de « refondation sociale » initié en 2000 par Ernest-Antoine Seillière, ex-président du Medef, de dérégulation généralisé du droit du travail. Il est important que chaque organisation syndicale joue son rôle de défense des intérêts des travailleur.euses et que Macron ne trouve pas d’alliés syndicaux pour mettre en scène son « dialogue social » et surtout réaliser son projet.

La fusion des institutions représentatives du personnel
La loi Rebsamen avait étendu les possibilités de fusion des différentes institutions représentatives du personnel dans des délégations unique du personnel (DUP) jusqu’à 300 salarié.es en y intégrant notamment les CHSCT. Sur ce point Macron veut là aussi aller plus loin en autorisant toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, à mettre en place une DUP.
La fin du compte pénibilité

Autre revendication permanente du Medef depuis 2010 : l’abrogation du compte pénibilité. C’était la seule micro-avancée du quinquennat Hollande pour faire passer sa réforme des retraites auprès de la CFDT. C’était encore trop pour le patronat. Pierre Gattaz a qualifié la mesure d’ « usine à gaz » et insisté pour que le gouvernement « la fasse sauter ». Macron va s’employer à exaucer ses vœux.


Un permis de licencier a moindre coût
De même la question du plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, initialement prévue par le projet de loi travail, et finalement abandonnée, devrait faire sa réapparition. Le tribunal n’aurait plus à apprécier le préjudice réel, l’indemnité maximale serait fixée une bonne fois pour toutes.

C’est, là aussi, la réalisation des désirs du patronat. Pierre Gattaz, président du Medef, plaide ainsi depuis longtemps pour le plafonnement des indemnités prud’homales en mettant en avant « la peur » des chefs d’entreprise. Concrètement il s’agit pour le patronat de pouvoir anticiper et provisionner ce que coûtera un licenciement abusif pour licencier tranquillement.

Le document de travail du gouvernement paru dans la presse révèle que les termes mêmes de la rupture du contrat de travail (motifs de licenciement, préavis et indemnités) pourraient être modulables et renvoyés à la négociation d’entreprise.

Et la fonction publique ?

Derrière les suppressions de postes, la casse du statut
Ce projet d’une deuxième loi Travail n’est qu’une première étape avant celui de la casse de la fonction publique. La logique ? Attaquer le droit du travail privé avec la loi Travail 2 et, une fois la loi passée, s’attaquer aux fonctionnaires pour leur appliquer les mêmes mesures en les présentant comme des privilégiés par rapport aux travailleur.euses du privé. N’oublions pas que c’est cette stratégie qui avait été mise en œuvre pour les retraites, par exemple. Qu’on ne s’y trompe pas, Emmanuel Macron ne compte pas simplement supprimer des postes comme l’ont fait ses prédécesseurs. Début février, Macron explicitait son programme : «  500 000 fonctionnaires vont partir à la retraite. Sur la fonction publique d’État et territoriale, 120 000 ne seront pas remplacés ». Mais il fait également partie de ceux qui pensent que le service public coûte « trop cher à l’État » ou que le statut de fonctionnaire ne serait « plus adéquat ».

LA FIN DES 35H POUR LES FONCTIONNAIRES
Depuis longtemps, nombre de politiques ont comme projet de revenir sur les 35h, y compris pour les fonctionnaires. Macron ne fait pas exception en la matière, dans son programme, derrière l’idée de développer « de nouvelles façons de travailler » pour les fonctionnaires c’est le temps de travail qui est en ligne de mire. Sur le Code du travail et en particulier le temps de travail (35h, RTT, congés, etc.) n’imaginons pas que les projets n’ont vocation qu’à s’appliquer au privé.

LE RÉTABLISSEMENT DU JOUR DE CARENCE
Toujours au nom de « l’égalité » public/privé, Macron a également promis de rétablir le jour de carence avant d’être pris en charge par l’assurance maladie pour les agents en arrêt. Outre le fait que la fameuse « égalité » se fait toujours par le bas pour nos thuriféraires de la parole patronale, celle-ci ne tient pas compte de la réalité. En effet une grande partie des entreprises prennent en charge les jours de carence de leurs salarié.es. Une étude de 2009 intitulée « Protection sociale complémentaire d’entreprise », menée par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé, révèle que 66 % des salarié.es bénéficient d’une prise en charge du délai de carence par leur prévoyance entreprise. En instaurant un jour de carence pour les fonctionnaires, ces derniers seront donc traité.es comme la minorité de salarié.es du privé les moins bien indemnisé.es.

VERS LA FIN DU POINT D’INDICE
Concernant les salaires des fonctionnaires, fini aussi la « parenthèse » de 2016 avec une bien faible revalorisation de 1,2 % du point d’indice. À l’issue des premières rencontres entre syndicats de la fonction publique et gouvernement les orientations sont claires : il n’y aura pas de hausse de la valeur du point d’indice en 2017 et un rendez-vous salarial annuel n’est pas envisagé avant 2018.
Suppressions de postes et gel du point d’indice ont un air de déjà-vu : appliqués par les différents gouvernements, du PS de Hollande à la droite de Sarkozy.
Mais, là aussi, il y a plus. Une nouveauté s’est glissée dans le programme de Macron, et, comme l’on dit souvent, le diable est dans les détails. Suite aux rencontres bilatérales avec les syndicats « représentatifs », nous avons appris quelques-unes des « grandes orientations » du gouvernement. Le gouvernement projette de différencier la valeur du point d’indice qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires en fonction des versants de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale). En créant trois points d’indice différents, l’enjeu pour Macron est de diviser la fonction publique, pour attaquer là aussi sur des calendriers distincts les différents secteurs, fonction publique d’État, hospitalière, et territoriale. Un préalable donc à une remise en cause brutale des acquis de la fonction publique.

Ce que cherche à faire Macron est dans la lignée des politiques et des contre- réformes que nous subissons depuis des années : pousser jusqu’au bout la transformation managériale des secteurs publics, instaurer le modèle de l’entreprise dans les institutions publiques avec son corollaire de « rentabilité », de « performance » et de course à la valorisation, au détriment du service public.

Le rêve final de Macron ? Que le Code du travail broyé par ses réformes soit applicable à la fonction publique.

Ce scenario n’est pas une fatalité, il ne tient qu’à nous de le faire échouer.
le gouvernement veut aller vite ?
à nous de nous mobiliser sans attendre !



Pour la CNT, le rôle du syndicalisme n’est pas d’écrire avec le gouvernement la pire opération de destruction des acquis sociaux de l’Histoire. Il consiste à s’inscrire dans un rapport de force, celui de la lutte des classes, qui permettra d’imposer nos revendications. Il est nécessaire de faire front pour faire reculer la loi du capital !
 

Pour la CNT, le rapport de force doit se faire par la mobilisation de tous et de toutes, en s’organisant dans les syndicats outil social et économique appartenant aux travailleur-euses et non aux bureaucrates. Le communisme libertaire, projet révolutionnaire porté par la CNT, basé sur la socialisation et l’autogestion des moyens de production, la répartition des richesses produites par ceux et celles qui travaillent, est une urgence sociale, politique, économique et écologique.

La CNT revendique :
  • Le retrait de la loi travail et autres lois/ordonnances patronales à venir ;
  • L’amnistie pénale et civile pour l’ensemble des militant-es condamné-es ;
  • Le renforcement des droits syndicaux en entreprise ;
  • Un accès aux indemnités de chômage avec un taux de remplacement à 100 % du meilleur salaire ;
  • l’autogestion des caisses de la sécurité sociale, par les salarié.es eux et elles-mêmes, selon le modèle existant avant les ordonnances de 1967 (qui ont introduit le paritarisme syndicats/patronat) et son financement par le salaire socialisé ;
  • L’arrêt des exonérations de cotisations sociales patronales ;
  • Une augmentation significative des salaires ;
  • Titularisation/CDIsation de tous les emplois précaires (du public comme du privé) ;
  • Régularisation de tous les sans-papiers et accueil de l’ensemble des migrant-es.

mardi 20 juin 2017

Communiqué du Collectif contre la criminalisation du mouvement social :


Non ! Braquer une manifestation n'est pas un geste responsable.

 
5 militants Rennais ont été envoyés en détention ce mercredi 31 mai, dans le cadre d'une opération politico-policière. Mardi 30 mai, 6h, à Rennes. Des policiers font sauter des portes : bélier, boucliers, cagoules,armes de poing, fusils d'assaut. Des appartements sont retournés et sept personnes arrêtées. Un mois plus tôt, lors d'une manifestation, un motard de la police nationale dégainait son arme de service et mettait en joue les manifestants qui lui hurlaient de baisser son pistolet.

La manifestation Ni Le Pen Ni Macron du 27 avril 2017

Pendant l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, le 27 avril dernier, des rassemblements et des manifestations ont lieu dans toutes les grandes villes de France avec pour mot d'ordre "Ni LePen Ni Macron". À Rennes, le centre-ville est complètement bouclé et occupé par des centaines de policiers casqués et armés. Malgré cela, 1500 à 3000 manifestants se retrouvent dans une ambiance festive. Afin d'éviter d'être nassés pendant plusieurs heures comme ce fût le cas lors de la manifestation précédente le 23 avril, le cortège s'élance dans un parcours improvisé.

N'étant pas parvenu à empêcher la manifestation de se tenir, le dispositif policier se met en branle et tente à plusieurs reprises de bloquer et  d'encercler la marche. Deux motards de la police nationale se positionnent sur le pont Féval, au-dessus des voies ferrées, afin d'anticiper le parcours des manifestants. L'avant du cortège court en direction des deux policiers pour ouvrir la voie à la manifestation. Une des motos démarre, tandis que l'autre reste sur place. Des manifestants bousculeront le motard pour l'encourager à déguerpir.

C'est à ce moment précis que celui-ci descend de son véhicule, saisit son arme de service et menace la foule en la mettant en joue. Face à cette réaction aussi disproportionnée qu'effrayante, les manifestants partent en courant pendant que certains s'époumonent en lui criant de baisser
son arme. Finalement, il remontera sur sa moto et partira comme il aurait pu le faire dès le début. Il se fera reconnaître 1 jour d'ITT pour dommage « psychologique ». Fin de l'épisode « agression d'un motard en marge d'une manifestation à Rennes ».

Mais la pression policière s'est encore accrue contre la manifestation, avec trois arrestations arbitraires (notamment pour récupérer la caméra d'un manifestant). Elles donneront lieu à des accusations fantaisistes : des pierres ont été glissées dans les poches des manifestants pour trouver une raison de les embarquer en l'absence de faits réels à leur reprocher. La fin de la manifestation s'est soldée par une nasse à la Croix Saint Hélier, où les derniers lycéens présents ont subis des violences graves de la part des policiers. Le communiqué de l'équipe médic' dénonce : « Plusieurs personnes ont été victimes de coups de pied dans les parties génitales, la
cage thoracique, de clefs d’étranglement et de coups à la tête ».

Nous ne nous laisserons pas intimider
Toutes les autres tentatives de manifestations entre avril et mai avaient rapidement été écourtées par des violences policières, des nasses, des arrestations. Celle-là, voyait, en prime, la normalisation d’un geste insensé, à grand renfort de déclaration préfectorale et maintenant de montage judiciaire. Non ! Braquer une arme de poing sur une foule ne sera jamais un geste responsable, cette foule fut-elle en colère de se voir constamment réprimée pour avoir simplement essayée de manifester.

L’affaire qui se présente aujourd’hui n’est pas sans nous rappeler les modes opératoires de la police lors d’assignations à résidence, d’interdictions de manifester et d’autres arrestations fallacieuses dans le cadre des mouvements contre la loi Travail ou contre l'aéroport de Notre-
Dame-des-Landes. Nous percevons bien le double enjeu de ces opérations. D’un côté, il y a la répression de l’opposition politique afin d’assurer un début de quinquennat sans réaction, de l’autre, il y a l’augmentation et la consolidation de la marge de manœuvre des policiers.

Ce 31 mai, cinq des sept personnes arrêtées la veille ont été présentées devant le tribunal en comparution immédiate, elles seront toutes envoyées en détention préventive en attente de leur procès le 21 juin après avoir demandé un délai pour préparer leur défense. Ceci leur sera notamment reproché par la juge comme une preuve de leur « dangerosité » qui justifie un mandat de dépôt, tout comme l'usage de leur droit de garder le silence en garde-à-vue. Ce vendredi 2 juin, une des trois personnes arrêtées le jour même de la manifestation passera elle aussi devant le juge.

Nous qui prendrons part aux mouvements sociaux qui s’annoncent, et qui comprenons bien le message lancé par le pouvoir, nous affirmons notre solidarité avec les inculpés et exigeons l’abandon immédiat de toutes les poursuites dont ils font l’objet.

Il n'est pas question de nous laisser intimider et nous appelons dans un premier temps à prendre part au rassemblement de soutien au camarade arrêté le 27 avril, ce vendredi 2 juin à 16h devant la cité judiciaire, à l’occasion de son procès. D'autres actions de solidarité seront organisées dans les prochains temps.


(Le collectif contre la criminalisation du mouvement social s'est formé à Rennes au printemps 2016 pour faire front contre la répression qui s'est abattue sur le mouvement contre la loi Travail,regroupant des organisations politiques et syndicales, des groupes et des individus)